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La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

(16 posts)
  1. JU763
    JU763
    Member
    60 pts

    Un petit sujet pour lançai un autre débat

    La globalisation néolibérale contre l’intérêt général

    Depuis 30 ans, la globalisation néolibérale a transformé la planète. Ses promoteurs affirment que la liberté, promue objectif absolu de l’humanité, est le meilleur moyen de faire avancer le bien commun. Pourtant, aujourd’hui, il est difficile de ne pas constater qu’elle œuvre contre l’intérêt général.

    Un idéal de liberté travesti

    A la base, le libéralisme est porteur d’un bel idéal, celui d’une émancipation des hommes de sociétés féodales, où le destin des individus était trop souvent dans les mains d’un autre. Cet idéal a dirigé certains des plus grands progrès de l’humanité, notamment la fin de l’esclavage dans toutes ses formes. En cela, le mot « liberté » prend une place particulière dans le triptyque de notre République. Malheureusement, cet idéal a été travesti par sa transformation en néolibéralisme.

    Un intellectuel affirme que cette mutation du libéralisme, qui se serait opérée vers la fin du 19ème siècle, s’explique par deux évènements : la théorie de Darwin et la mathématisation des sciences économiques. La première aurait poussé certains économistes à adopter la théorie de l’évolution aux sociétés humaines et à vouloir laisser faire la nature dans tous les aspects de l’économie. La seconde a favorisé des constructions purement abstraites, déconnectées de la réalité.

    Une société injuste et instable

    Cette volonté de liberté absolue trouve sa première expression sur le terrain économique et social. La liberté ne devient plus un moyen à destination d’une fin, le progrès humain, elle devient un objectif en soi. Le meilleur exemple reste le Traité Constitutionnel Européen qui avait fait de « la concurrence libre et non faussée » un objectif de l’Union Européenne. Le « laissez faire » et le « laissez passer », pour reprendre les mots du Général de Gaulle, ont été érigés en horizons indépassables de la modernité.

    Pourtant, faute est de constater que cette anarchie néolibérale (monétaire, commerciale et financière) n’a fait que provoquer une course au moins-disant social, salarial et environnemental. Le bilan de cette anarchie économique globale est désastreux dans tous les pays développés puisque nous assistons à une montée inédite des inégalités (90% de la population ne profite pas de la croissance), à des crises à répétition et de plus en plus violentes, et une montée de l’endettement.

    Un affaiblissement de nos Républiques

    Mais cette globalisation néolibérale pose également de graves problèmes dans le fonctionnement de nos sociétés et de nos démocraties, comme l’illustre bien le cas des Etats-Unis, pays le plus « avancé » dans cette évolution. Elle porte en elle une remise en cause partielle de l’idée même de démocratie, puisqu’elle aboutit à sanctuariser une partie croissante du pouvoir politique (la monnaie notamment) dans des instances « protégées » des choix démocratiques et structurellement favorables à cette évolution.

    La société que construit la globalisation néolibérale tend également à profondément remettre en cause l’égalité des chances, comme le montre bien Paul Krugman. Le « rêve américain » est battu en brèche par l’argent : un mauvais élève riche a autant de chances d’arriver à l’université qu’un bon élève pauvre. L’ascenseur social se grippe, une nouvelle aristocratie de l’argent se forme. De plus en plus, les citoyens constatent qu’il y a deux poids, deux mesures, et pas pour les bonnes raisons.

    Enfin, en mettant autant l’accent sur l’individu, elle tend à distendre le lien entre les citoyens et des Etats-nations, dont la perte de marge de manœuvre ne permet pas de renouveler le lien national. Comme le montre Jacques Généreux, elle pousse l’individu à l’individualisme au détriment du collectif ou tend à promouvoir des communautarismes de toutes sortes.

    Un monde où règne le chacun pour soi

    Et comment ne pas voir la patte de la globalisation néolibérale dans l’évolution des rapports internationaux ? A force de promouvoir le pur intérêt égoïste, dont la somme serait censée produire un intérêt commun, les pays ne sont plus capables de dépasser leur propre intérêt pour envisager le bien commun de la planète. C’est ce que montrent les discussions plus mesquines les unes que les autres sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, que ce soit au niveau européen ou mondial.

    Cette évolution consacre également la très darwinienne loi du plus fort, qui a présidé aux interventions des Etats-Unis en Irak ou celle d’Israël au Liban, malgré l’opposition de la majorité du concert des nations, et sans la moindre conséquence pour ceux qui ont pourtant violé les règles de la communauté internationale. L’expression d’un bien commun planétaire semble désormais un doux rêve.

    Les trente dernières années montrent que la globalisation néolibérale est incapable de produire du bien commun. Elle ne tend qu’à produire un monde égoïste, injuste et instable, sans doute le signe que le cadre mondial n’est pas capable de produire de l’intérêt général.

    Gaulliste en résistance contre la pensée unique néo-libéral
    Posté il y a 10 months #
  2. B_et_G
    B_et_G
    Member
    532 pts

    Je ne sais pas si c'est de vous. Mais en tout cas je n'ai que trois mots à dire : rien à ajouter !

    Posté il y a 10 months #
  3. JU763
    JU763
    Member
    60 pts

    Non non cela viens d'un blog gaulliste mais dissident de l'UMP. Je n'ai pas de liens pour ne pas dérouter les gens

    Gaulliste en résistance contre la pensée unique néo-libéral
    Posté il y a 10 months #
  4. elisabeth
    elisabeth
    Member
    123 pts

    Toutes les théories, toutes les contructions économiques sociales sont des montages faits par les hommes pour les hommes, encore faut-il que les hommes aient du bon sens, en usent et en abusent...

    Le blog de mon meilleur ami du net:
    http://l-avocat-du-diable.over-blog.com/
    Posté il y a 10 months #
  5. verver
    verver
    Member
    278 pts

    Je suis en accord avec la majeure partie de cet article, cependant j'aimerais que votre argumentation sur le point suivant soit précisé :

    "elle pousse l’individu à l’individualisme au détriment du collectif ou tend à promouvoir des communautarismes de toutes sortes."

    Ca c'est de l'idéologie, ce n'est pas une démonstration.

    Posté il y a 10 months #
  6. Guigal
    Guigal
    Member
    72 pts

    L'individualisme en tant que tel dans une société est impossible. Une personne n'a jamais le pouvoir de changer un état. Une cohorte de patrons (disons le CAC40 ou le MEDEF) en revanche peut faire beaucoup. Je n'ai pas tout lu, mais je sais très bien ce que je vais y lire. Ensuite, ça fait bien longtemps que l'UMP a délaissé la troisième voie, le gaulisme social, et ceci effectivement, cela me désespère. N'oubliez pas que la sécu, c'est le général qui l'a mise en place.

    Posté il y a 10 months #
  7. B_et_G
    B_et_G
    Member
    532 pts

    Eh bien... deux fois que je suis d'accord avec Guigal.

    Posté il y a 10 months #
  8. Guigal
    Guigal
    Member
    72 pts

    Comme quoi tout arrive. Mais je pense que tu aurais plus ta place chez de Villiers que chez Sarkozy.

    Posté il y a 10 months #
  9. B_et_G
    B_et_G
    Member
    532 pts

    Pardon ? Pourquoi vouloir exclure les gens avec qui vous n'avez pas d'accord sur une idée de moeurs ?

    Jusqu'à présent, il s'agit de notre seul désaccord... Suffit-il à m'exclure ?

    Je ne me sens pas proche de de Villiers. Je partage des valeurs communes avec lui, rien de plus. Comme je partage des valeurs avec Nicolas Sarkozy. Et j'en partage plus avec ce dernier.

    Posté il y a 10 months #
  10. JU763
    JU763
    Member
    60 pts

    Une petite suite venant du blog gaulliste-villepiniste :

    Ré-internationalisation contre globalisation

    Les dix dernières années ont démontré la faillite de la globalisation néolibérale. Pourtant, certains parient que le salut viendra du cadre global. Et si, tout simplement, ce cadre n’était pas adapté à une quelconque expression de l’intérêt général et que seul le cadre national le permettait ?

    Quels intérêts sert la globalisation néolibérale ?

    Un examen froid de l’évolution des dernières décennies montre qu’il y a deux grands gagnants à la globalisation. Les premiers sont le 1 % des ménages les plus riches, dont les revenus représentent près de 20% des revenus totaux aux Etats-Unis. Plus fort, une étude montre que les revenus des 0.1% des ménages les plus riches y ont progressé quatre fois plus vite que la moyenne (8% du total). Les autres gagnants sont les actionnaires qui extraient une part croissante des richesses.

    Certains crient volontiers à une conspiration mondiale qui viserait à asservir 99% de la planète. Je n’y crois pas. Joseph Stiglitz lui-même, pourtant très dur vis-à-vis du FMI, affirme qu’ils agissent en pensant sincèrement servir l’intérêt général. Pour lui, la racine du problème vient du fait de confier des pouvoirs politiques à des non politiques (FMI, banques centrales…). Coupés de la réalité et sans système de pensée alternatif, ils croient réellement que la libéralisation est porteuse de progrès.

    La nation, cadre indépassable de l’intérêt général

    Frédéric Lordon souligne bien qu’ « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix – entendre : pas de gouvernement du tout » et que « la mondialisation a précisément eu pour effet de redéployer les marchés à l’échelle mondiale, c’est-à-dire dans un environnement de faible densité institutionnelle ». En clair, le processus de globalisation est intrinsèquement lié à des politiques d’inspiration néolibérale puisqu’elle organise l’absence de prise du politique.

    En fait, de plus en plus d’intellectuels, y compris de gauche, reconnaissent aujourd’hui que seul le cadre national permet une expression de l’intérêt général. Les nations sont elles-mêmes structurellement l’expression d’un bien commun, où une minorité accepte le choix démocratique d’une majorité lors des élections, et où la solidarité entre membres de la communauté nationale s’exprime de multiples manières, notamment à travers le système de sécurité sociale ou les services publics.

    Vers une ré-internationalisation

    Je me permets d’emprunter ce terme à Frédéric Lordon, qui l’utilise dans son dernier livre car il me semble parfaitement résumer ce que nous devons faire pour combattre l’anarchie néolibérale. Le progrès humain doit redevenir le but de nos sociétés au lieu de cette volonté de liberté tellement absolue qu’elle vire à l’anarchie, à la loi du plus fort et donc à un nivellement par le bas salarial, social, environnemental, démocratique et républicain. Au 21ème siècle, plus que jamais, l’homme aura besoin des nations.

    Bien sûr, les défenseurs de la globalisation diront que les nations sont responsables des guerres et ferons un parallèle avec l’Albanie. Mais ne sont-ils pas les promoteurs d’une guerre économique de plus en plus violente (délocalisations, crises, suicides) ? Le cadre plus national des politiques des Trente Glorieuses était plus pacifique... Enfin, cela ne signifie pas fermeture à l’autre, bien au contraire. C’est parce que nous serons bien dans notre pays que nous serons d’autant plus ouverts aux autres.

    La globalisation néolibérale produit un asservissement des hommes à des dogmes abstraits qui ne profitent qu’à une petite minorité. Le retour aux nations, et aux frontières, est un préalable indispensable pour refaire du progrès humain pour tous l’objectif de nos sociétés. Voilà un vrai débat sur l’idée nationale !

    Et une vidéo à voir, Zemmour et Estrosi:

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    Gaulliste en résistance contre la pensée unique néo-libéral
    Posté il y a 10 months #
  11. B_et_G
    B_et_G
    Member
    532 pts

    Estrosi se fait détruire par Zemmour qui a pleinement raison. Estrosi est sûrement plein de bonne volonté cela dit.

    Posté il y a 10 months #
  12. zoltar
    zoltar
    Member
    380 pts

    L'article posté dans le premier message part de prémisses fausses.

    Il est écrit : "A la base, le libéralisme est porteur d’un bel idéal, celui d’une émancipation des hommes de sociétés féodales, où le destin des individus était trop souvent dans les mains d’un autre."

    1. Le libéralisme des origines n'est pas un "bel idéal". S'il propose effectivement une certaine émancipation individuelle, relative, il n'offre comme solution que d'inféoder cette émancipation à la dictature des marchés et de la main invisible (celle de Dieu ?) qui est censé les réguler. C'est une pensée totalitaire et totalisante au même titre que la pensée religieuse.

    2. D'autre part, le postulat libéral qui dit que la richesse individuelle surgira spontanément de la richesse des nations est faux. L'histoire a montré que le libéralisme engendrait la paupérisation partout où il se pratiquait.

    L'article en question n'est pas radical dans le sens où il considère que seule l'évolution néo-libérale est délétère pour la société. Il se refuse à constater que le libéralisme classique, lui aussi, l'est de manière incontestable.

    Posté il y a 8 months #
  13. Polo33
    Polo33
    Member
    180 pts

    Je ne suis pas d'accord avec Zoltar.
    Citez moi un pays qui ait appliqué scrupuleusement le libéralisme classique (Adam Smith, Montesquieu, Raymond Aron, Karl Popper,...). Même les EUA n'ont jamais appliqué un tel système (pareil pour le capitalisme qui découle du néo-libéralisme: les EUA donnent des subventions à leurs secteurs en difficultés comme le coton par exemple: ce qui est contre les idées qu'ils propagent).

    "Quand nous obéissons aux lois, au sens de règles générales et abstraites, formulées sans référence à une application éventuelle à nous-même, nous ne sommes pas soumis à la volonté d'un autre homme et par conséquent, nous sommes libres." F.A von Hayek
    Il s'agit donc bien pour les libéraux d'assurer le règne de la loi, en limitant l'intervention de l'Etat (pas en la supprimant). Bref, plus il y a de lois, mieux c'est.

    L'Etat doit donc réguler l'économie par la loi mais sans jamais intervenir à plus de 50% pour ce qui est des investissements.

    Memento Finis
    "Il est fort regrettable qu’une partie de notre communauté soit pratiquement réduite en esclavage, mais suggérer pour résoudre ce problème d’asservir la communauté toute entière est puéril." Oscar Wilde
    Posté il y a 8 months #
  14. zoltar
    zoltar
    Member
    380 pts

    Hello,

    Aucun pays n'a jamais appliqué à la lettre une idéologie donnée, quelle qu'elle soit. Ta question est une pure vue de l'esprit.
    Cela n'a de toute façon jamais empêché les pays libéraux de pratiquer le culte d'un marché transcendant et intouchable, possédant sa propre logique et ses propres intérêts, supérieurs aux nôtre par définition.

    D'autre part, tu commences dans ton commentaire par citer des auteurs classiques, puis tu conclues sur Hayek qui est justement l'incarnation archétypale du néo-libéralisme qui est tant décrié ici. N'y a-t-il pas confusion, notamment dans le cadre de discussion posé par l'auteur de ce topic ?

    Enfin, nulle part je n'ai parlé de la loi ni de ses implications.

    Posté il y a 8 months #
  15. JPF
    JPF
    Member
    6 pts

    Le problème majeur soulevé n'est pas le libéralisme en réalité. Il faut des conditions de concurrence saine et loyale pour que celui ci puisse s'exercer et profiter à tous. Je crois dans l'économie de marché. Mais le marché commun ne peut pas accepter que des producteurs chinois, indiens, etc puissent envahir l'Europe de leurs produits fabriqués à des conditions salariales et dans des normes environnementales et sociales très nettement inférieures à celles que nous connaissons en Europe. les théoriciens libéraux du XIXe raisonnaient quant à eux dans le cadre d'économies relativement homogènes et dans une perspective de division internationale du travail à peu pres profitable à tous.

    La théorie des avantages comparatifs de Ricardo qui a justifié les délocalisations ne tient pas, à partir du moment où demain, les pays asiatiques et les BRIC produiront des produits à haute valeur ajoutée. Cela commence déja...

    On peut etre libéral et opposé au dogme du libre échangisme généralisé, à l'image de notre seul prix nobel français d'économie, Maurice Allais.

    Posté il y a 8 months #
  16. zoltar
    zoltar
    Member
    380 pts

    Hello,

    Nous sommes d'accord, il faut impérativement un système de régulation à la mesure de l'implication du marché (ou des marchés) dans notre mode de vie. Il ne doit pas être un être transcendent auquel nous serions tous soumis. Le mythe de l'auto-organisation a du plomb dans l'aile. Les outils de régulation existent déjà, il ne reste plus qu'à s'en servir correctement et à permettre une rétroaction du peuple souverain sur les décisions prises concernant la gestion des équilibres du marché.

    Il faut aussi savoir compter avec la réalité historique qui nous dit que l'équilibre du marché se constitue toujours à partir des déséquilibres qu'ils provoque dans la société. Il existe une inter-relation de causalité, quasi impérative, entre ces deux ensembles.

    On peut effectivement être libéral sans pour autant être amalgamé à ses pires incarnations. Cela reste une position ouverte à la critique, cela va sans dire.

    Posté il y a 8 months #

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